Camille Pradel de Lamaze vit et travaille à Paris. Dès son enfance, elle développe une affinité particulière pour la couleur et le dessin. C’est naturellement qu’elle s’engage dans des études artistiques. Après un Diplôme national d’art (DNA) obtenu à l’École supérieure d’art de Lorraine (Esal) à Épinal, elle poursuit son cursus au sein de l’option art à l’École nationale supérieure d’art et de design de Nancy, où elle obtient un Diplôme national supérieur d’expression plastique (DNSEP).

C’est dans cette deuxième partie de ses études que Camille Pradel de Lamaze va s’intéresser à la notion d’art dit «décoratif ». Confrontée à cette qualification parfois considérée comme péjorative, elle va, à la faveur de son mémoire de fin d’étude, accompagnée par Paul Devautour, approfondir l’origine de la distinction entre «beaux-arts » et « arts décoratifs ». En parallèle, elle ajoute à sa pratique du dessin une pratique d’atelier. Elle fréquente assidûment l’atelier bois de l’Ensad Nancy, où elle réalise notamment un jeu d’échecs au tour, mais aussi l’atelier céramique. En travaillant sur la notion d’art décoratif, elle rencontre rapidement le monde de l’ornement et ses codes. C’est alors que son travail se précise.

La question de la fabrication des objets devient une part importante de sa réflexion et l’amène vers l’univers de l’artisanat d’art. Désireuse d’apprendre et de comprendre ce qui se joue dans le travail collectif d’un atelier, elle va réaliser plusieurs stages chez des artisans d’art (l’Atelier d’Offard et l’Atelier Tollis par exemple). Ces expériences lui font découvrir une nouvelle façon d’appréhender la création; de sa conception à sa production. Elle s’appuie sur des auteurs comme Bernard Stiegler avec des notions comme la «prolétarisation des savoirs faire » ou encore William Morris avec son idée du «beau» universel pour tous·tes.

La place du vivant et plus particulièrement du végétal dans le décor est centrale dans ses œuvres. Les mouvements, comme celui de l’École de Nancy, qui mettent en lumière la relation particulière qu’entretiennent les êtres humains avec le vivant au sujet du décor, sont inspirants pour l’artiste. La question de la transformation du vivant pour satisfaire nos désirs est au cœur des propositions artistiques de Camille Pradel de Lamaze.

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